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Association Franco-Hongroise d'Occitanie

Cinéma

  • White God de Kornél Mundruzcó - critique

    White God de Kornél Mundruzcó

    « White God » a été présenté au ciné-club de l’association AFHd’O le 7 mars 2020. Nous avions promis la publication des critiques que nous avions trouvées sur le site.

    Table des matières

    Par Fabien Lemercier : “Tu vas voir qui est ton maître” 1

    Par Gregory Coutant AU BOULOT LES TOUTOUS 2

    Interview par Nicolas Bardot. 2

    Interview Par Mathieu Payan LA VENGEANCE EST UNE PATÉE QUI SE MANGE FROIDE 3

    Par Franck Nouchi « WHITE GOD » : LA BARBARIE A FIGURE CANINE 3

    Par Romain Faisant. LA FILLE ET SON CHIEN 3

    Par Marianne Fernandez LES AVENTURES DE HAGEN 5

    Par Charles de Clerck (Cinécure) 6

    Par Christophe Menat LA PLANÈTE DES CHIENS 7

    Interview Par Emmanuelle Spadacenta

    Par Fabien Lemercier: “Tu vas voir qui est ton maître”

    Le virtuose Kornél Mundruczó livre une stupéfiante et rude parabole sur les mésaventures d'un chien et d'une jeune adolescente dans un monde cruel. Spécialiste de l'exploration du mal et de l'innocence bafouée, le cinéaste hongrois Kornél Munduczó a transposé ses thématiques de prédilection dans un univers pour le moins inattendu puisque le personnage principal de son nouvel opus, White God (qui a fait sa première mondiale Certain Regard cannois du 67ème Festival de Cannes) est un chien bâtard dans un monde où le pedigree fait loi. Tissant une parabole âpre et mise en scène avec l'exceptionnelle maîtrise qu'on lui connaît, le cinéaste s'essaye néanmoins à un rythme d'action tout à fait inhabituel dans sa filmographie. Un coup d'essai spectaculaire qui voit notamment débouler dans les vastes avenues de Budapest une armée de chiens sur le sentier de la guerre et de la vengeance contre des humains qui les raflent, les abandonnent, les enchaînent, les rendent enragés, les font se battre entre eux pour de l'argent, les emprisonnent et les éliminent. Tout un programme nocif sous forme de parabole du fascisme et de l'obsession d'une race pure contre laquelle se dresse seulement une jeune adolescente, sorte de petite sœur de la Jeanne d'Arc de Johanna et de la Fauna de Delta (autre film de Mundruczó).

    Lire la suite White god critiques 1white-god-critiques-1-.pdf 

  • WHITE GOD de Kornél Mundruczó

    À Budapest, Lili, une fillette, doit passer trois mois chez son père. Mais celui-ci n'apprécie pas que son ex-épouse lui laisse aussi en garde Hagen, le chien adoré de sa fille. D'autant qu'une loi impose le recensement des chiens bâtards assorti d'une taxe. Les camionnettes de la fourrière patrouillent alors dans la ville pour capturer les nombreux chiens ainsi abandonnés pour ne pas payer cet impôt.

    Le père finit par jeter Hagen à la rue, à la consternation de Lili. Elle cherche alors à tout prix à le retrouver, tandis que de son côté, le chien passe d'épreuve en épreuve. Dressé pour devenir un chien de combat, Hagen va montrer des capacités insoupçonnées.

  • La lune de Jupiter de Kornél Mundruczó

    LA LUNE DE JUPITER

     

    IoDes chercheurs de la NASA ont observé qu'une éruption extrêmement puissante s'apprête à arriver sur Io, une des nombreuses lune de Jupiter.

    Onze fois plus grande que la Terre, Jupiter possède dans son orbite pas moins de 79 satellites découverts. L'un d'entre eux nommé "Io" fait l'objet d'observations particulières car il s'apprête à offrir aux chercheurs un spectacle incroyable : l'éruption de son volcan le plus massif et le plus puissant.

    Io, lune de Jupiter compte environ 400 volcans à sa surface. Parmi tous ces volcans, un semble particulièrement plus grand et menaçant, la NASA l'a d'ailleurs symboliquement baptisé Loki comme le dieu de la philosophie viking.

    Pendant quelques centaines de jours, tout sera assez sombre, il ne se passera pas beaucoup de choses. Et puis, pendant quelques centaines de jours de suite, le volcan en devenant actif émettra 15 à 20 fois plus de lumière.

    Cela se passera loin de la Terre. Si cela se produisait sur la Terre, cela éliminerait toute la Californie du Sud.

    Loki- Laki?


     

    Le 8 juin 1783, le Laki entre en éruption. Celle-ci durera jusqu’au 7 février 1784.

    Une fissure de 27 kilomètres de longueur soulignée par 115 cratères s'ouvre de manière explosive. L'éruption produit environ 15 km3 de lave basaltique sous la forme de coulées de soixante kilomètres de longueur qui recouvrent une surface de 565 km2, et un volume total d'ejecta de 0,91 km3 qui recouvrent une surface de 8000 km2. On estime que des fontaines de lave ont atteint des hauteurs de 800 à 1400 mètres.

    Les 8 mois d'émission de gaz sulfurique provoquèrent une des plus importantes perturbations climatiques et sociales du dernier millénaire.

    Au Royaume-Uni, l'été de 1783 est connu comme l'«été de sable» à cause des pluies de cendres. Les gaz furent emportés par la convection de la colonne d'éruption à des altitudes de quinze kilomètres. Les aérosols créés provoquèrent alors un refroidissement dans tout l'hémisphère nord.

    On estime que les de tonnes de dioxyde de soufre émis dans l'atmosphère sont l'équivalent de trois fois les émissions industrielles annuelles en Europe et l'équivalent d'une éruption comme celle du Pinatubo en 1991 tous les trois jours. L'émission de dioxyde de soufre coïncidant avec des conditions climatiques inhabituelles provoqua un épais brouillard sulfuré qui se répandit à travers l'Europe occidentale, provoquant des milliers de morts durant 1783 et l'hiver 1784.

    L'académicien et ancien ministre Malesherbes consigne dans ses notes une situation exceptionnelle: «L'hiver de 1783-1784 était d'une rigueur épouvantable. Les églises, les ateliers, les lieux publics étaient fermés. Paris semblait désert. On ne rencontrait plus personne dans les rues. Les riches étaient réduits à brûler leurs meubles pour se chauffer. Les pauvres mouraient de froid dans leurs greniers.» À Paris, on enregistre des températures de −19°; des blocs de glace sont présents dans la Seine à partir du 15 décembre et elle gèle pendant huit jours début février. La France connut une suite de situations météorologiques extrêmes avec une moisson exceptionnelle en 1785 provoquant une chute des prix des produits agricoles et une pauvreté dans les campagnes, suivies d'épisodes de sécheresse, de mauvais hivers ou étés, dont de très violents orages de grêle en 1788 qui détruisirent les récoltes. Cela contribua de manière significative à la pauvreté et à la famine, un des facteurs importants qui provoquèrent la Révolution française en 1789.»

  • "Ceci n'est pas une histoire juive" de Nathalie Vannereau

    Enfants de Hongrie, Ibolya, György, Gyuri, Anna, Endre, et Judit sont juifs. Ils ont survécu aux massacres de la période nazie pendant la seconde guerre mondiale. Six témoignages, parmi les derniers survivants du ghetto de Budapest et de la déportation vers les camps de concentration nazis font écho à la politique de la Hongrie, sous l’actuel gouvernement d’Orban.

    CECI N'EST PAS UNE HISTOIRE JUIVE offre ainsi la parole à celles et ceux dont le silence fût le premier récit. 75 ans après, ils n’ont pas fini de raconter. Nous n’avons pas fini de les entendre. 

    Péter, lui même hongrois d’origine juive, traducteur et journaliste culturel, parle un excellent français. Sa voix très grave se pose sur ces visages qui défilent lentement. Très calmes. Presque immobiles. Six visages silencieux, cernés, sculptés, lumineux. Cheveux gris ou très blancs. Regards face caméra perdus ou perçants. Tous, pénétrés par cette histoire commune, portée par la voix de Péter :
                   « Les hongrois, les juifs hongrois, ne voulaient pas croire que ça puisse leur arriver, même s’ils savaient ce qui se passait avec les juifs des pays voisins.  Respectant les lois, même les lois anti-juives, ils avaient un sentiment patriotique très fort. Ils ne voyaient pas la raison pour laquelle ils devaient être persécutés,  et même exterminés. C’est aussi une des raisons pour laquelle  il n’y avait pratiquement pas de résistance. Même avant d’entrer  dans les wagons de déportation, beaucoup, peut-être la plupart d’entre eux, ne voulait toujours pas croire ce qui les attendait... »

    Chacun nous entraînera dans les méandres de son propre récit, unique, distinct, irréductible et subjectif. Guère d’enfance pour ces enfants de la guerre, devenus vieux, qui ont soucis de rappeler les conditions d’existence au cours de cette année 1944 et s’inquiètent des idées xénophobes véhiculées par l’état hongrois et leur impact sur la population.

    Le Danube qui traverse Budapest s’immisce dans les plis de leur histoire avec ses clapotements, ses rides, l’entrelacement de ses ondes. Des vêtements, des jouets, des objets surnagent, sont engloutis, dérivent... Tout un imaginaire dérive... Survivance des êtres exécutés sur ses berges en 1944, par les nazis hongrois, les Croix fléchées.

    Réveillant les souvenirs de cette époque fasciste en Hongrie, derrière ces mots et ces images de la guerre, que nous révèlent ces témoignages sur l’Europe et nos démocraties d’aujourd’hui?

  • "LA PIERRE LANCÉE » (Feldobott kő) de Sándor Sára (1968),

    Budapest en 1950. Un fils de cheminot est admis à l'École supérieure des arts dramatiques et du cinéma. Mais cette perspective lui est brutalement ôtée au motif que son père, entré en disgrâce auprès des autorités politiques, est arrêté pour faute professionnelle. Le jeune homme est alors formé comme géomètre puis envoyé dans le centre de la plaine hongroise pour participer, sur le terrain, à la mise en chantier de la réforme agraire. En compagnie d'un jeune communiste grec, il use de patience et de force de conviction afin d'expliquer aux paysans, plutôt réticents, la nécessité de transformations à la campagne. Toutefois, les méthodes autoritaires et brutales des représentants du pouvoir central conduisent à l'échec de ces tentatives. L'insuccès se renouvelle dans un village tzigane pour les mêmes raisons... Un témoignage des difficultés et des drames de la collectivisation des terres en Hongrie.
     
    Avec Lajos Balázsovits (Balázs, le fils de cheminot), Todor Todorov (Illias, le jeune grec), János Pásztor (le père)